À travers son parcours et son engagement pédagogique, Sylvia Fardel défend un théâtre ancré dans le réel, pensé comme un espace d’écoute, de transmission et de liberté.
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À travers son parcours et son engagement pédagogique, Sylvia Fardel défend un théâtre ancré dans le réel, pensé comme un espace d’écoute, de transmission et de liberté.
Christophe Gillioz
24 janvier 2026
À l’écouter parler de son métier, on comprend vite que le théâtre n’est pas, pour Sylvia Fardel, une simple affaire de scène, de texte ou de projecteurs. C’est avant tout un espace de respiration, un lieu où l’on apprend à habiter son corps, sa voix et ses silences, loin des rôles que la vie impose parfois trop tôt.
Formée à Paris, revenue ensuite en Valais, la comédienne et metteuse en scène n’a jamais cherché à reproduire un modèle. Elle a préféré inventer le sien, à l’image de son parcours. À Sion, elle fonde une école de théâtre qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes, convaincue que le jeu n’est pas réservé à ceux qui se destinent à la scène. Le théâtre touche à quelque chose de profondément humain. À cette zone fragile où l’on ose dire, bouger, essayer, se tromper.
Dans les salles de répétition, il n’est pas question de performance au sens strict. On y parle de respiration, d’écoute, de présence. Le trac, les trous de mémoire, les maladresses ne sont pas des échecs, mais des passages obligés. Sur scène, rien ne se passe jamais exactement comme prévu et c’est précisément dans ces écarts que le théâtre devient vivant.
Cette approche dédramatise l’erreur et redonne une place centrale à l’instant. Pour beaucoup d’élèves, monter sur scène devient ainsi un moyen d’apprivoiser la peur, de prendre confiance, parfois même de se réconcilier avec leur propre voix. Le texte n’est qu’un point de départ. Ce qui compte, c’est ce qui se joue entre les mots.
Au fil des années, les créations portées par Sylvia Fardel s’ancrent de plus en plus dans des thématiques universelles. La mort, les rituels, la transmission, le rapport aux autres. Des sujets lourds, en apparence, mais toujours abordés avec une forme de légèreté, parfois même d’humour. Non pas pour minimiser, mais pour rendre ces questions partageables.
Sur scène, le théâtre devient alors un miroir déformant du réel, capable de révéler des vérités que l’on contourne souvent dans la vie quotidienne. On rit, on est touché, et sans s’en rendre compte, on réfléchit. Une manière d’ouvrir des espaces de discussion, là où les mots manquent parfois.
Si Sylvia Fardel continue de jouer, de mettre en scène et d’écrire, la transmission reste aujourd’hui au cœur de son engagement. Enseigner le théâtre, c’est accepter de se mettre en retrait, laisser la place à d’autre, à d’autres corps, à d’autres voix.
Dans un monde où tout va vite, où l’on attend des résultats immédiats, le théâtre propose un temps suspendu. Un espace où l’on apprend la patience, l’écoute et la nuance. Des compétences discrètes, mais essentielles, bien au-delà des planches.
Un parcours hors des sentiers battus, du Valais à Paris, où le théâtre devient autant un art de scène qu’un outil pour mieux vivre et mieux dire.